* Nelly Moser et Marguerite Hilling *

Lundi 18 mai


J'ai donc fait du mélange à 2,5% (moteur neuf à roder), j'ai mis la débroussailleuse en service et hue cocotte, tant pis pour les oreilles des voisins ! L'herbe aura besoin d'une coupe à la tondeuse mais j'ai ratiboisé les orties et des tas de saloperies, bref mes rosiers réapparaissent dans toute leur splendeur et ma clématite Nelly Moser revoit la lumière, elle va reprendre des couleurs.

Il reste pas mal de cochonneries à arracher (lierre, ruine de Rome, ronce, ortie). Un lilas Katherine Havemeyer qui vient de mourir ce printemps (il a vécu 57 ans) et un sureau envahissant sont à tronçonner. Je commence à y voir un peu plus clair.



Voici Marguerite Hilling dans un environnement un peu plus propre

Nelly Moser est maintenant dégagée et j'ai palissé Chrysler Imperial.

Clématite Nelly Moser et rosier Zéphirine Drouhin

J'ai le seul jardin digne de ce nom du quartier et deux acacias multi-centenaires trônent au centre, dont un qui fut planté sous Henri IV. J'ai aussi deux bouleaux, deux pruniers Reine-Claude (qui ne donnent presque pas de prunes), un cerisier (des guignes acides délicieuses), trois lilas (deux mauves et un blanc), un sumac (rhus glabra), un cotoneaster Lacteus, un noisetier (miam), deux hibiscus (un rose et un blanc), un houx, un laurier noble (pour la cuisine), un laurier palme, un fusain et un sureau, pas mal d'arbustes à fleurs, tous les oiseaux viennent se percher sur mes arbres et chient un peu partout, les graines des fruits qu'ils ont mangés germent très bien dans les fientes, la terre est très fertile et tout pousse. Si je cesse d'entretenir le jardin, c'est très vite une jungle.

C'est ainsi que je trouve partout de l'érable sycomore, du mahonia, du laurier palme, du micocoulier, de l'if, de l'ailanthe, parfois un chêne, et hélas la plus épouvantable des plantes opportunistes : LA RONCE.

Si j'ajoute que le plus vieux des acacias (en fin de vie, il a 400 ans, c'est probablement le plus vieux de France*) drageonne comme un malade, que les pruniers, le cerisier et les lilas en font autant, on comprend que la gestion du jardin soit un peu compliquée.

Si parmi tous les jeunes arbres qui poussent un peu partout dans mon jardin, tous très vigoureux, certains vous intéressent, c'est avec plaisir que je vous les donnerai, contactez-moi. Comme Idéfix, j'aime les arbres. J'aime en planter et je déteste devoir en arracher.


Sorties Suite

(*) Notes : l'arbre qu'on appelle communément acacia (nom latin du mimosa) s'appelle en réalité robinia pseudoacacia ou robinier. C'est une essence originaire de Pennsylvanie, qui fut introduite en France au début du 17ème siècle par le botaniste Robin, directeur du Jardin Royal (actuellement Jardin des Plantes) et des parcs royaux. C'est à ce titre qu'il planta aussi des robiniers dans divers parcs, dont celui du château de Colombes où résida Henriette, fille de Henri IV, avant son mariage avec Charles 1er d'Angleterre. Ce roi finit sous la hache du bourreau, Henriette rentra à la maison et Louis XIV lui attribua pour résidence le château de Colombes, bien modeste demeure en vérité dont il restait un pan de mur et des souterrains quand j'étais enfant.

Quand mes arrière grands-parents achetèrent en 1927 une parcelle pour y faire construire, elle était issue de l'ancien parc du château et il y avait 5 acacias dessus. Deux furent abattus pour construire l'immeuble, un reçut une bombe américaine en mai 1944 et finit en bois de chauffage, les deux derniers sont encore vivants. L'un date de Henri IV (il ne fleurit pas) et l'autre probablement du début du 18ème siècle, ils m'ont vu naître et j'espère ne pas les voir mourir.

L'essence est très intéressante. Le bois ne vaut rien en menuiserie et charpenterie, il est tout juste bon à faire des piquets de clôture parce qu'il ne pourrit pas facilement. C'est par contre un arbre agréable dans un parc parce qu'il donne une ombre légère et surtout ses folioles minuscules sur d'immenses feuilles imparipennées se décomposent vite et fertilisent le sol. Le robinier est en effet une légumineuse, il vit en symbiose avec un champignon qui lui permet d'assimiler l'azote atmosphérique. Quand les feuilles sont décomposées, je ramasse les pétioles secs et je les brûle avec le bois mort de l'année bien sec, la cendre est basique et elle permet de neutraliser l'acidité du compost.

Pour ceux qui aiment le miel, un seul acacia est capable de contenter plusieurs ruches pendant sa floraison. Je trouve dommage qu'on n'ait pas le droit d'élever des abeilles en ville.

On s'instruit avec Vivi, gngngn...

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